Notre Bâtonnier désigné vient de nous adresser un courrier remarquable. Je le mets en ligne pour que chacun puisse le relire.
C’est à mes yeux un acte fondateur.
Nous avons subi deux directives (la première ne nous concernait pas), une loi et un décret sans réagir aussi fermement que nous l’aurions pu. En tout cas, pas efficacement.
Nous avons pensé, et le reproche est collectif, je m’y inclus, que la négociation suffirait, que des recours bien polis aboutiraient.
Tel n’a pas été le cas, nous le constatons amèrement.
Canadiens, Japonais et Australiens ont refusé cette législation au nom de leurs principes constitutionnels. Personne n’a même songé aux États-Unis à l’imposer aux Avocats.
Nous, Français, Européens, avons échoué.
Provisoirement. Car je veux croire que nous réussirons. Nous avons les arguments qu’il faut. Cette déclaration de soupçon porte atteinte à plusieurs principes essentiels. Notre secret bien sûr, qui ne nous appartient pas, qui est dans l’intérêt général. Notre indépendance, aussi essentielle en conseil qu’en contentieux, car il n’y a pas de démocratie sans indépendance de l’Avocat. Et le droit du client au silence, à ne pas être poursuivi sur la base d’une parole, sa parole, qu’il croyait libre.
Ces principes sont reconnus par les Cours européennes.
Des recours efficaces peuvent encore être menés.
Sans oublier un lobbying intense auprès de nos parlementaires, dont certains sont avocats, et si la troisième directive est transposée, auprès du Conseil constitutionnel.
Il faut pour cela une volonté forte. Nous l’avons. Le courrier de notre Bâtonnier désigné le démontre. Et, si l’on en croit les courriers qu’il reçoit en réponse, qui ne surprennent personne, tout notre Barreau est avec lui.